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Le colza, une culture résiliente dans les assolements


France
July 29, 2026

Le colza, pilier oléagineux de notre souveraineté protéique, alimentaire et énergétique, confirme sa résilience culturale et sa capacité à soutenir le revenu des exploitations agricoles. Terres Univia, Terres Inovia et la Fédération française des producteurs d’oléagineux et de protéagineux (FOP), dévoilent les premiers résultats d’une récolte de colza précoce mais globalement satisfaisante au niveau national, confirmant la place stratégique du colza dans les rotations. Les aléas agronomiques et climatiques, qui ont une nouvelle fois lourdement impacté les grandes cultures lors de cette campagne 2025/26, ont parfois conduit à des rendements décevants dans certaines régions.

Avec des surfaces de colza en 2026 estimées par Agreste à 1 417 000 hectares, en hausse de 12 % par rapport à l’année précédente, la production pourrait s’établir autour de 4,7 millions de tonnes (Mt), soit un niveau proche de 2025 et supérieur de près de 10 % à la moyenne quinquennale (4,1 Mt). 

Le rendement moyen serait, selon les premières estimations, autour de 33,4 quintaux/hectare (q/ha), en nette baisse par rapport à un rendement 2025 exceptionnel (36,6 q/ha), et en léger retrait de 4 % par rapport à la moyenne quinquennale (33,6 q/ha). 

Cette récolte de colza, globalement satisfaisante à l’échelle nationale, avec toutefois une grande disparité entre le Sud et le Nord, permettra de répondre aux besoins de la filière pour de multiples débouchés en alimentation humaine, alimentation animale et énergie.
 

Exceptionnellement précoce depuis février, la campagne colza a traversé une succession de stress climatiques et d’attaques de ravageurs, générant des rendements globalement inférieurs à ceux de la campagne précédente et surtout beaucoup plus contrastés selon les régions et les situations. Par exemple, les rendements ont été relativement bons dans le Sud-Ouest, très confortables dans le Nord du Bassin parisien, mais particulièrement décevants dans les zones intermédiaires (Poitou-Charentes et Centre-Val-de-Loire, Bourgogne Franche-Comté), aggravant les fortes difficultés agronomiques et économiques auxquelles ces régions sont confrontées.

Le colza s’est plutôt bien installé en début de campagne malgré quelques hétérogénéités. 

La période automnale, plutôt réparatrice, a permis une croissance rapide des plants qui ont atteint une biomasse satisfaisante, fréquemment autour de 1,5 kg/m². La pression des ravageurs a été observée dès l’entrée d’hiver, avec des niveaux de larves d’altises élevés à très élevés dans plusieurs régions (Normandie, Grand Est, Poitou-Charentes, Centre, Nord-Est et Auvergne-Rhône-Alpes). 

Le point de bascule de la campagne est arrivé avec l’épisode pluvieux de février, mois le plus pluvieux observé en France depuis 1950, impactant la qualité de l’enracinement à la reprise de végétation. La campagne s’est poursuivie avec une douceur exceptionnelle en mars qui a amorcé des floraisons précoces, chaotiques et longues exposées aux vols généralisés de méligèthes (hormis dans le Grand Est et les Hauts-de-France), causant de nombreux avortements de boutons. Le mois d'avril, exceptionnellement sec, a fini de pénaliser le nombre de siliques en sols superficiels. Ailleurs, le colza a fait preuve de résilience et a bénéficié des pluies de mai pour établir un nombre de graines par silique suffisant voire supérieur.

Mai 2026, 2e mois de mai le plus chaud depuis 1900, a abrégé précocement la fin de cycle du colza et son potentiel de rendement. Le déficit pluviométrique persistant en juin, associé aux très fortes chaleurs de la seconde quinzaine du mois, a certes accentué la sécheresse des sols jusqu’aux moissons mais avec un effet limité sur le colza ; la plupart des parcelles ayant déjà atteint un stade de maturité avancé.
 

Les fortes chaleurs de fin de cycle ont un peu impacté la qualité des graines. Ces dernières sont très sèches (5-6 % d'humidité ou moins dans l’Est) et ont de petits Poids de Mille Grains (PMG), ce qui implique quelques adaptations au niveau des opérations de trituration. 

Favorisées par les conditions d’ensoleillement du printemps, les teneurs en huile seraient élevées (45-46 %), d’après les premières analyses disponibles, mais moindres après une excellente année 2025.
 

La marge brute du colza est de nouveau satisfaisante pour la campagne 2025/26 mais masque une grande disparité territoriale, notamment dans les sols superficiels des zones intermédiaires. 

La campagne pourrait s’achever pour le colza sur une marge prévisionnelle moyenne nationale proche de la campagne précédente, comprise entre 900 euros/hectare (€/ha) pour un rendement de 29 q/ha, à 1 100 €/ha sur la base d’un rendement moyen aux normes de 33,4 q/ha, avec un prix de vente indicatif de 520 euros/tonne. 

La qualité satisfaisante des graines 2026, avec une teneur en huile qui s’annonce plutôt élevée, devrait se traduire par une bonne valorisation globale des graines françaises sur le marché dont il conviendra de faire bénéficier chaque maillon de la filière, notamment des producteurs, permettant ainsi de consolider la rentabilité de leurs exploitations et de soutenir la production française.

« La campagne 2025/26 continue avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête des agriculteurs. Les grandes cultures subissent de plein fouet les impacts du dérèglement climatique. Parmi les résultats parfois dramatiques pour certaines cultures et exploitations agricoles, le colza montre sa capacité à compenser certains impacts climatiques. Si cette culture est très technique, elle peut être robuste si elle est bien pilotée. C’est tout l’intérêt de la démarche colza robuste mise en place par Terres Inovia pour soutenir les agriculteurs dans la conduite de cette culture », déclare Gilles Robillard, agriculteur et président de Terres Inovia.
 

« Dans cette période si complexe pour les agriculteurs, entre impacts croissants du changement climatique sur les récoltes et un contexte engrais plus que tendu, les signaux positifs ne sont pas si courants. La campagne de production colza 2025/26 s’avère globalement satisfaisante grâce à la résilience de cette culture : une illustration parfaite des raisons pour lesquelles notre filière a investi sur cette culture depuis de nombreuses années ! La demande ferme en huile au niveau mondial tire vers le haut les prix des oléagineux et cela semble pouvoir durer. Avec des prix soutenus, le colza reste intéressant dans l’assolement, même pénalisé par l’augmentation du prix des engrais », ajoute Benjamin Lammert, agriculteur et président de Terres Univia et de la FOP.

 



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Website: http://www.terresinovia.fr/

Published: July 29, 2026

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